Quelle est la qualité
de l'eau du robinet à La Réunion ?

Ressources en eau

L’eau destinée à la consommation humaine est captée dans le milieu naturel. Elle peut être d’origine superficielle ou souterraine. Les caractéristiques de l’eau varient en fonction de son origine.

Origine de l’eau

Les eaux mises en distribution pour les usages alimentaires des populations proviennent de ressources souterraines ou superficielles.

Les eaux souterraines sont captées :

  • soit directement dans l'aquifère, par pompage (puits ou forages). La nature géologique et chimique des terrains traversés lors de l'infiltration conditionne la qualité naturelle des eaux souterraines
  • soit au point d'affleurement de l'aquifère, par des sources (résurgences) ou des galeries drainantes.

Les eaux superficielles sont prélevées, en général gravitairement, dans un cours d’eau (captage au fil de l’eau) ou dans une retenue d’eau.

Certaines unités de distribution, dites « mixtes », sont alimentées par plusieurs ressources d’origines souterraine et superficielle, soit simultanément, soit alternativement.

Exigences règlementaires

Tout prélèvement d'eau dans le milieu naturel pour l'alimentation de la population est soumis à autorisation préfectorale après avis du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (décret n° 2001-1220 du 20/12/01).

L'article L 1321-2 du Code de la Santé Publique impose l'instauration de périmètres de protection autour de chaque captage, afin de réglementer les activités autour du point de prélèvement et de limiter ainsi les risques de pollution de l’eau.

Qualité des ressources en eau

Les eaux superficielles sont vulnérables dans la mesure où, situées au pied de bassins versants, les prises d’eau de surface drainent les dépôts des pentes, entraînés lors des pluies (terre, matière organique et minérale …).

Les captages superficiels sont donc exposés à des risques de pollutions, d’origine naturelle ou humaine. En particulier, la qualité de l’eau subit des altérations intermittentes, mais chroniques, dues aux pluies qui entraînent un lessivage des sols et occasionnent dans les prises d’eau des apports de boues sur lesquelles peuvent être adsorbées des agents microbiens (bactéries, virus, parasites , …) et résidus d’engrais ou pesticides.

Les eaux souterraines sont généralement mieux protégées. Leur vulnérabilité aux pollutions par infiltration de rejets d’origine agricole, industrielle ou domestique dépend de la nature du sous-sol (épaisseur de recouvrement, pouvoir de filtration, perméabilité). Les contaminations des nappes sont généralement moins brusques que pour les eaux superficielles, mais plus rémanentes (cf. nitrates, pesticides, chlorures, solvants, etc...).

Situation à La Réunion

Les unités de distribution sont desservies par 125 captages d’eaux superficielles (59% des ressources), 85 pompages dans les aquifères (46%), ainsi que 1 source coiffée à l’émergence (1%) et 4 galeries drainantes (2%). En considérant l’ensemble des prises d’eau exploitées pour l’alimentation de la population, 51% des volumes prélevés proviennent de captages d’eaux superficielles.

La proportion de la population desservie uniquement par des captages d’eaux de surface est restée relativement constante (60%) jusqu’en 2000. Toutefois, ces dernières années (tendance 2000-2015), de nombreuses communes ont engagé des travaux visant d’une part à mobiliser davantage les ressources en eaux souterraines et d’autre part à alimenter les réseaux par des ressources diversifiées, de manière à améliorer la sécurité sanitaire des eaux mises en distribution à la population.

En 2016, 40% de la population reste alimentée exclusivement par des captages d’eaux superficielles.