Quelle est la qualité
de l'eau du robinet à La Réunion ?

Risque microbiologique

L’eau est un milieu favorable à la prolifération des microorganismes, dont certains peuvent être pathogènes pour l’homme. La maîtrise des opérations de désinfection permet de garantir la sécurité sanitaire des eaux distribuées.

Définition

Les eaux naturelles superficielles peuvent contenir des microorganismes (virus, bactéries, parasites), souvent fixés sur des particules en suspension (turbidité liée aux argiles et limons). Certains sont inoffensifs ; d’autres (pathogènes) peuvent être à l’origine de troubles pour la santé des consommateurs. Le contrôle de la qualité microbiologique des eaux destinées à la consommation humaine est fondé sur la recherche de germes hôtes habituels de l’intestin des hommes et des animaux. Ces germes banals, appelés « témoins de contamination fécale », sont facilement identifiables en laboratoire ; leur détection dans l’eau fait craindre la présence associée de microorganismes dangereux pour l’homme. Les eaux de consommation humaine, conformément au Code de la Santé Publique, ne doivent contenir aucun microorganisme pathogène et respecter des valeurs limites pour ce qui concerne les germes témoins de contamination fécale.

Origine

Les risques de contaminations bactériologiques peuvent provenir :

  • d’une pollution chronique ou accidentelle de la ressource en eau par des activités humaines, industrielles ou agricoles
  • d’une mauvaise protection des captages
  • d’un équipement inadapté ou d’un mauvais entretien des installations de traitement
  • d’une pollution du réseau de distribution (défauts d’entretien, retours d’eau dus à une dépression ou à des branchements particuliers pollués).

Risque sanitaire

Dans les pays développés, les grandes épidémies (typhoïdes, dysenteries, choléra, amibiases, hépatite virale A ou E,...) ont disparu grâce à l'amélioration des conditions d'hygiène et à la couverture vaccinale. Toutefois, il subsiste certaines affections gastro-intestinales liées à l’eau, auxquelles sont plus particulièrement exposées les populations fragilisées (jeunes enfants, personnes âgées, sujets immunodéprimés).

Situation à La Réunion

Les unités de distribution sont classées selon des niveaux de risques sanitaires évalués en fonction de l’équipement des réseaux.
48% des abonnés sont alimentés par des réseaux correctement équipés, dans la mesure où s'agit d'eaux souterraines potabilisées par désinfection, ou d'eaux superficielles traitées par filtration avant désinfection.
Par ailleurs, 47% des abonnés, sont alimentés par des réseaux ne garantissant pas une sécurité sanitaire suffisante, du fait de l’absence de traitement de clarification des eaux d’origine superficielle avant désinfection.
Néanmoins, une partie des abonnés (31%) bénéficient d’une alimentation mixte. Ces modes d’interconnexion permettent de substituer par des apports souterrains les ressources superficielles lorsque celles-ci sont dégradées, réduisant ainsi le risque sanitaire en diminuant la fréquence et l'intensité des non-conformités.
Enfin, 5% des abonnés sont alimentés par des réseaux pour lesquels le risque sanitaire est avéré (détection de parasites pathogènes) ou permanent (absence de désinfection).

La turbidité : une entrave aux procédés de désinfection

Les particules physiques présentes dans l’eau perturbent les procédés de désinfection. Ainsi, pour assurer une maîtrise totale de la désinfection de l’eau il est nécessaire d’éliminer au préalable toutes ces particules de l’eau (par un procédé de filtration).

Le risque parasitaire

L’origine superficielle de la ressource utilisée en l’absence de clarification génère un risque de parasites intestinaux de type Giardia et Cryptosporidium dans l’eau distribuée. Ces microorganismes, sur lesquels le chlore est inefficace, peuvent occasionner des gastro-entérites dont la gravité varie en fonction de la sensibilité des personnes exposées.
La présence de parasites intestinaux dans plusieurs ressources en eau de surface exploitées pour l’alimentation de la population à La Réunion a été mise en évidence et confirme la nécessité d’équiper les réseaux alimentés par des eaux de surface en usines de clarification.

Les différents niveaux de risques sanitaires

Risque microbiologique maîtrisé :

Le réseau est alimenté par une eau bénéficiant d'un traitement de potabilisation adapté à la qualité des eaux brutes prélevées : eau souterraine chlorée et/ou eau d'origine superficielle filtrée et chlorée

Risque microbiologique potentiel :

Le réseau est alimenté en tout ou partie par une eau d'origine superficielle ne bénéficiant pas de traitement de potabilisation adapté (absence de filtration)

Risque microbiologique avéré :

Le réseau est alimenté par une eau ne bénéficiant d'aucun traitement de potabilisation (absence de chloration) et/ou par une eau dans laquelle ont été détectés des parasites intestinaux (Giardia, Cryptosporidium)